Compte rendu Affaire LI XIN

Affaire LI XIN et autres : Proxénétisme aggravé

Audiences des 23 et 24 novembre 2016 devant la 14ème chambre du TGI de Paris

Avocat représentant les EACP : Maîtres Vanina MEPLAIN et Antoine GIRAUDET

Mercredi 23 novembre 2016 à 13h30, sept prévenus (trois hommes et quatre femmes), âgés de 25 à 30 ans, font leur entrée dans la salle de la 14ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris accompagnés, pour deux d’entre eux, de leur garde rapprochée. Tous sont de nationalité Chinoise et accusés de proxénétisme aggravé.

Deux interprètes en langue chinoise sont présents, bien que la plupart des prévenus parlent français.

L’affaire concerne le démantèlement d’un réseau de proxénétisme Chinois :

Les faits se sont déroulés entre 2012 à 2013 : Il est reproché aux prévenus d’avoir recruté des escortes, notamment via internet, et d’avoir utilisé des taxis clandestins pour permettre le transport d’escortes sur leur lieu de travail.

Les escortes avaient alors pour mission d’accompagner leurs clients dans des « KTV » (sorte de Karaoké très appréciés de la communauté chinoise).

Au cours de l’enquête, la police a pu découvrir, grâce à des communications entre proxénètes et escortes, plusieurs réseaux. Trois réseaux ont ainsi été démantelés par la Brigade de Répression du Proxénétisme.

Le premier réseau était composé de quarante-cinq escortes. Le deuxième était principalement composé de trois personnes qui géraient environ treize filles. Enfin, le troisième était composé d’une seule personne gérant une quinzaine d’escortes.

Sur internet, le texte des annonces précise les missions des jeunes femmes :

Celles-ci doivent accompagner des hommes chinois à l’occasion de soirées « KTV ». Elles doivent alors bavarder, boire, danser avec leur client, mais également prendre de la drogue sur demande du proxénète.

Le site recherche des filles « dynamiques, ouvertes, avec du charme, étudiante en priorité, de 17 à 27 ans, sexy, jolies, tous les styles sont permis ». Les «  filles de province sont acceptées, un appartement de courte durée pouvant leur être prêté ».

Dans l’annonce de recrutement, via le site internet « XinEurope », on pouvait y lire :

  • « Recrutement permanent »
  • « Accompagnement KTV »
  • « Possibilité de gagner plus de 7000 euros »

Les photos des filles sont postées sur le site pour que les clients puissent faire leur choix.

La rémunération varie en fonction de la nature de la relation. Il s’agit en effet de relations tarifées dont le montant varie de 500 à 800 euros, le proxénète prenant toujours une commission de 50 euros qu’il y ait ou non relation sexuelle. Selon plusieurs témoignages de jeunes escortes, celles-ci gagneraient 200 euros par soir pour boire et danser et 700 euros en cas de relation sexuelle.

L’une des proxénètes, LI X., avoue gagner 3000 à 4000 euros /mois en prenant une commission de 50 euros par escortes et par soirée.

D’après le substitut du Procureur, la proxénète gagnerait plutôt 4000 euros par semaine.

Certaines des proxénètes envoient directement l’argent, qu’ils ponctionnent à leurs escortes, en Chine pour subvenir aux besoins de leurs familles.  Des chauffeurs professionnels, payés 10 euros l’aller et 10 euros le retour, ayant préenregistré les coordonnées des escortes, sont chargés de les raccompagner.

L’association Équipes d’action contre le proxénétisme (EACP), représentée par Maîtres Vanina MEPLAIN et Antoine GIRAUDET, s’est constituée partie civile.
L’association  EACP demande alors à ce que l’argent gagné par les proxénètes soit reversé au pôle social de l’association afin de parvenir aux objectifs fixés par celle-ci, notamment porter secours aux victimes en les accompagnant dans leur processus de réinsertion sociale.

A ce titre, les EACP demandent à la cour de condamner les prévenus à 60.000 euros de dommages et intérêt ainsi que 200 euros par prévenu au titre de l’article 475-1 Code de procédure pénale.

Le Tribunal ayant immédiatement délibéré après l’audience a décidé que ; 

Les EACP ont été reçues en leur constitution de partie civile et les 8 prévenus ont été condamnés solidairement à lui verser la somme de 10.000 euros à titre de dommages et intérêts, outre une somme de 1.600 euros au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale.

 

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