Procès

Authentic Sisters, Réseau Nigérian – Mai 2018

Seize prévenus sont mis en cause pour proxénétisme aggravé et traite des êtres humains, sur plusieurs personnes avec violences et contraintes.

Les interrogatoires se dérouleront jusqu’au 23 mai et les plaidoiries des parties civiles se tiendront le jeudi 24 mai 2018.

Jour 1 – 14 mai 2018 

Les seize prévenus étaient présents. Suite à une erreur matérielle sur l’ordonnance de renouvellement de la détention provisoire, trois prévenus ont été libérés d’office quelques jours avant le procès, dont la femme à la tête du réseau…

La juge nous apprend que dix-sept prostituées ont dénoncé les faits, et sept se sont constituées partie civile, tout comme trois associations : les EACP, l’ECPAT et Les Amis du Bus des Femmes. La présidente a interdit formellement, aux prévenus en liberté, le moindre contact avec les parties, les témoins, etc.

Une première victime témoigne. Elle explique avoir contracté une dette de 50 000 € suite au rituel du Juju. Un rituel de magie noire au cours duquel le sorcier l’avait forcée à manger, nues, yeux bandés, le cœur cru d’un animal.

La jeune femme a été acheminée par avion avec des feux papiers, des gens ont été payés à l’aéroport pour la laisser passer. Ensuite, contrainte à se prostituer dans un foyer de travailleurs, elle devait enchaîner environ vingt passes par jour.

Ses proxénètes considéraient qu’elle ne ramenait pas assez d’argent. Lors d’un voyage au Nigéria en 2015, ils sont allés agresser des membres de sa famille.

Jour 2 – 15 mai 2018

Durant le second jour du procès, deux victimes ont été entendues.

La première d’entre elle est arrivée en France en 2012. La mama lui avait promis qu’elle pourrait travailler en tant que serveuse, et que grâce à cet emploi, elle pourrait rembourser le passeport et les billets d’avion.

Après avoir été soumise au rituel du juju, où elle a subi des scarifications sur les bras, le ventre et dans le dos. Elle a également reçu des menaces de mort au cas où elle désobéirait aux Mamas. La datte contractée s’élevait à 60 000 €.

Dès son arrivée en France, elle fut contrainte à se prostituer pour 30€ la passe et 150€ la nuit, sans jamais avoir de jour de repos. Si elle ne ramenait pas assez d’argent, elle subissait des violences physiques. Elle s’est prostituée pendant deux ans à Chateaurouge et devait verser l’argent chaque matin à « Mama Alicia ».

La jeune femme a payé la somme de 22 000 € à ses proxénètes pendant ses deux ans de prostitution. Lorsqu’elle a appris que d’autres filles étaient parties, elle a réussi à prendre la fuite.

La seconde victimes est arrivée en France à 17 ans. Après le décès de ses parents au Nigéria, elle a été approchée par une mama qui lui promis de reprendre ses études en France, puis d’avoir un travail qui lui permettrait de rembourser sa dette dont elle ne connaissait pas encore le montant.

C’est seulement lorsqu’elle est arrivée en France, qu’elle a appris qu’elle devrait se prostituer. Etant vierge, elle n’a pas réussi à avoir de rapport avec un client, ses proxénètes ont dont appel à un homme pour qu’il lui fasse perdre sa virginité. Deux jours plus tard, elle était renvoyée dans la rue.

Elle a été sous la coupe de ses proxénètes pendant deux ans, puis à continuer à se prostituer pour avoir de l’argent.

La cour a ensuite entendu un des prévenus arrivé en France en 2012. Il nie avoir surveillé les lieux de prostitution et avoir récupéré l’argent auprès des prostituées. Il affirme aussi qu’il n’était pas au courant que les femmes qu’il hébergeait se prostituaient.

 

 

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